San Juan La Laguna

Dormir et tisser chez Florinda

Carte de San Juan La Laguna

Fresque peinte sur les murs de l'école

Dormir dans une famille Cakchikel

À notre retour à l’Asociacion de Guias de Ecoturismo Rupalaj K’istalin de San Juan, où j’ai déposé mes bagages, un jeune homme m’attend et insiste pour prendre mon sac le plus lourd, car sa famille m’accueille pour la nuit. Nous montons la côte abrupte vers un coin de village que je n’ai pas visité auparavant. Les petites maisonnettes de brique ne sont pas hautes et les toits sont en tôle. La terre séchée couvre les rues dénuées de charme, elles sont toutes semblables, innommées. Comment pourrais-je retrouver mon chemin, lorsque je devrai quitter mes hôtes ? Toutefois, mes inquiétudes s’envolent rapidement. Des enfants courent autour de moi en riant jusqu’à ce que nous prenions un passage irrégulier pour trouver la maison de Florinda où elle m’accueille chaleureusement.

Florinda est une des tisserandes de la coopérative que j’ai visitée dans la journée. Il y a deux ans, l’association lui a proposé d’héberger des voyageurs qui souhaitent une autre expérience touristique, soit de rencontrer les habitants de San Juan. J’ai été reçue avec beaucoup de gentillesse par Florinda, son mari et ses deux fils. Alors que cette dernière enligne la cuisson des tortillas, sa mère nous rend visite. Nous échangeons maladroitement, car elle ne parle pas très bien espagnol et moi non plus. Un peu fatiguée des mots imprécis, je propose à cette sympathique grand-maman de la dessiner. Elle gardera le dessin et je n’aurai qu’une photo. À l’intérieur, il y a très peu de lumière. À peine une petite fenêtre et deux ampoules vissées au plafond, comme la plupart des demeures mayas. Je photographie alors la grand-mère à l’extérieur, lumineuse et digne.

Note sur le vêtement: sa jupe est tissée selon une technique unique de tie-dye.

Apprendre à tisser

Le lendemain matin après le petit déjeuner, Florinda me montre le tissage. Elle suspend à un crochet du plafond l’extrémité de la pièce et je m’assois sur une bande de cuir, pour créer une tension nécessaire. Les bâtons de bois me semblent tous être semblables mais ils ont tous une fonction différente. Avec ses mains, Florinda guide les miennes. Probablement est-ce de la même manière que sa mère lui a montré à tisser. Durant les 15 minutes de tissage qui suivent, je n’aurai réussi qu’à avancer le projet de 10 hauteurs de fils. Tisser c’est long. Et comme j’aime bien les choses qui prennent du temps à faire, ça va. Florinda reprend son tissage et accepte que je la pose avec ma petite Ixim Chan, la mascotte de mon voyage. Elle rit instantanément en la voyant croiser ses jambes de feutre, sur ses fils. Cette photographie devient l’illustration parfaite de ma démarche : des rencontres, un projet en construction qui prend du temps et qui me ravit à chaque fois que j’y plonge.

Faire dodo chez les Tz'utujiles et apprendre à tisser au petit déjeuner avec Florinda.

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