Antigua

L’origine sacrée du tissage

Carte d'Antigua

Sympathique Musée du textile à Antigua

Sous le soleil de plomb d’Antigua,  je respire à plein poumon le gaz carbonique des chicken bus en marchant sur la route passante de La Casa del Tejido Antiguo, un musée portant sur les costumes traditionnels guatémaltèques. L’endroit est poussiéreux et vieillot. Des cartons écrits à la main tombent des mannequins de bois. Fondé par Alicia Pérez, une Cackchikel, je présume que ce musée est une affaire de passion, plus que de ressources.

Le costume traditionnel du guide est celui que portent toujours certains hommes Mams, de Todos Santos Cuchumatàn, dans les Hautes-Terres.
Le costume traditionnel du guide m’attire plus que la pièce qu’il tient. Il s’agit de celui que portent toujours les Mams, de Todos Santos Cuchumatàn, dans les Hautes-Terres.
Illustration simplifiée du Codex Tro-Cortesianus, XIIe au XVe siècle, conservé au Museo de América à Madrid.
Illustration simplifiée du Codex Tro-Cortesianus, XIIe au XVe siècle, conservé au Museo de América à Madrid.

Ixchel, la déesse du tissage

Le guide a un enthousiasme contagieux. Ses explications s’avèrent indispensables pour observer la délicate et impressionnante collection du musée à l’apparence rustique et charmante. Il m’explique qu’Ixchel, la déesse de la lune est aussi celle du tissage. Dans le codex Tro-Cortesianus (Codex de Madrid), l’un des rares «livres» mayas qui a survécu au temps, elle est illustrée agenouillée, comme durant la démonstration de la tisserande au musée, que vous pouvez voir ci-bas. Sur le terrain, j’ai vu les femmes assises sur des petits bancs et non pas dans la position de la déesse, plus difficile à soutenir longtemps. Néanmoins, il est fascinant de constater que le corps tout entier fait parti du métier à tisser.  La jeune femme ci-dessous fabrique peut-être un chemin de table, un foulard ou le tissu pour fabriquer un huipil (une tunique typique maya).