Quetzaltenango

Se perdre à Quetzaltenango, un appareil photo à la main

Photographier et filmer au Guatemala

Tout est fermé ce dimanche-là à Xelà («shé-là», abréviation de Xelajù, son nom quiché). Alors j’observe les lieux et les passants toute la journée durant. Tous sont méfiants lorsque je sors mon appareil photo. Certaines femmes se cachent le visage ou se retournent lorsque j’établis un plan large. Alors je m’arrête comprenant que cela puisse leur être désagréable. Mais la réaction était si forte et si constante que je me demande pourquoi. Ce n’est pas une ville si touristique… Est-ce par superstition ? Pas du tout !  Il s’agit plutôt d’une réaction d’autoprotection, issue de la guerre civile.

La photographie et la peur

Les militaires prenaient beaucoup de photos pour identifier les autochtones et comme plusieurs furent ciblés, emmenés et ne revinrent jamais, la photographie représente encore pour certains une forme de danger. Même avec les meilleures intentions, prendre des photos au Guatemala exige un sens éthique, de la délicatesse et de la discrétion.  J’ai demandé la permission lorsque cela fût possible, mais plus souvent je communiquais d’une manière non verbale, en regardant dans les yeux et en présentant mon appareil photo avec un sourire. D’autres photographies et la plupart des vidéos de ce blogue furent pris incognito pour deux raisons.  Je suis une adepte de la photographie de rue et de la captation «fly on the wall» en voyage.  Ensuite,  parce qu’il n’est pas recommandé de se montrer avec un gros appareil photo à la main. Motivée par mon désir de faire connaître le Guatemala, j’y allais à l’instinct, utilisant un petit cube photographique, caché au creux de ma main.

Une influence gothique

L’ambiance gothique dans l’architecture de Quetzaltenango s’explique par une période  de colonisation  allemande. Ces derniers occupèrent la région après le départ des Espagnols et profitant du boom du café à la fin du XIXe siècle, ils en firent une ville prospère. Mais en 1902, le volcan Santa Maria entra en éruption et détruisit la moitié de la ville. Depuis, Xelà retrouva une partie de son lustre d’antan surtout à cause de sa situation géographique favorable. Entre le Pacifique, le Mexique et Guatemala Cuidad, elle reste la deuxième plus grande ville du pays.

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